taekwondo federation française – phillipe bouedo est il un corrompus ?

philippe bouedo

taekwondo federation française – la fédération fais son ménage

Faites vos jeux. Sydney 2000. Chaque mardi retrouvez dans l’Humanité les coulisses de la préparation olympique des Français.

Non sélectionné pour les prochains JO, l’ancien champion du monde Mikael Meloul réclame un million de francs de dommages et intérêts au DTN Philippe Bouedo et à la Fédération. RIFIFI.

De notre correspondant

régional.

Les deux sportifs, depuis des mois, ne correspondent plus que par courrier électronique. Prochainement, ce sont leurs avocats respectifs qui échangeront coups en vache et arguments de poids dans une salle d’audience aux allures de dojang (1) du tribunal de grande instance de Lyon. Dans un coin, Philippe Bouedo, directeur technique national de la Fédération française de taekwondo et disciplines associées (FFDTA), chargé de la préparation des athlètes aux Jeux de Sydney, le twaekondo, d’ coréenne apparu en France durant les années soixante-dix, étant inscrit au programme olympique. Dans l’autre coin, Mikael Meloul, premier français champion du monde mi-lourds de cette spécialité asiatique, sacré en 1993 au Madison Square Garden de New York mais non sélectionné, malgré les efforts consentis, aux prochains JO et se plaignant pour cela d’être victime d’un ” grave préjudice “.

En réalité, le contentieux entre le DTN aixois et le champion niçois ne date pas de cette toute récente assignation en justice. ” Nous sommes fâchés depuis 1996, depuis que j’ai refusé de m’associer à un système qui voulait que les recettes des soirées de gala organisées par la fédération se retrouvent dans les caisses du club universitaire d’Aix-en-Provence dirigé par Bouedo “, décoche, au buffet, Mikael Meloul. Son adversaire réplique perfidement au menton dans Nice-Matin (du 25 mai) : ” Mikael, qui est lié par contrat avec Télécom, est censé être totalement détaché de toute contrainte matérielle, ce qui devrait lui permettre de se consacrer à 100 % à l’entraînement, mais il a choisi de s’engager quasi à temps complet dans la vie active. C’est un choix que je respecte même si avec Télécom cela frise l’emploi fictif. “. Ça balance pas mal dans le Midi.

Ce contentieux s’est cristallisé sur le problème de la sélection aux jeux Olympiques. Mikael Meloul reconnaît que dans sa catégorie ils étaient au départ ” trois sur la même ligne “. À vingt-sept ans le champion du monde, double champion d’ et une dizaine de fois champion de France, membre de l’équipe nationale depuis quatorze ans, estimait pouvoir encore prétendre à une médaille. Le DTN admettait cette possibilité mais conseillait à Mikael Meloul de se préparer physiquement à la catégorie des ” moins de 80 kg “, ce qui signifiait pour ce gaillard de 1,88 m de perdre une quinzaine de kilos. Et ce, alors qu’il se remettait tout juste d’une double fracture tibia-péroné subie en novembre 1998 durant un combat final de la Coupe de France. ” J’ai perdu malgré tout 13 kg en trois mois ! Mais, en septembre dernier, le DTN a envoyé quelqu’un d’autre au rattrapage sélectif pour les JO. J’étais tellement écouré que je voulais arrêter la . Finalement, j’ai décidé de remonter en poids et de tenter ma chance dans les lourds “, raconte Mikael Meloul. En trois semaines, il reprend huit kilos et en novembre, un an jour pour jour après sa fracture, il monte sur le podium des lourds à l’Open de Barcelone en battant notamment le sélectionné anglais. Cependant Philippe Bouedo lui fait savoir, toujours par e-mail, que le choix, pour les championnats d’Europe, étape importante vers Sydney, se fera fin mars 2000 à l’issue de l’Open international d’Antony. Lors de cette , le Niçois bat en finale le vice-champion de France des lourds, Djo Anderson. Sans manifestement convaincre le sélectionneur : ” Anderson s’était blessé en demi-finale et Meloul a gagné par jet de l’éponge (l’intéressé affirme qu’il a remporté la victoire par K.-O., NDLR) “, explique Philippe Bouedo, qui enverra finalement Djo Anderson représenter la France aux championnats d’Europe, lequel sera battu dès le deuxième tour. D’une façon générale, le directeur technique national estime que ” Meloul n’est plus compétitif “. Il lui reproche de n’avoir à son palmarès aucune victoire internationale ” depuis 1996 ” et de ne pas être assidu aux séances d’entraînement ” sur mesure “, dont il avait établi le calendrier en septembre : ” En seize semaines, je ne l’ai vu s’entraîner que vingt-huit heures, ce n’est pas sérieux ! “

Le DTN pense ainsi que Mikael Meloul – auquel sera vraisemblablement préféré – n’a ” aucune chance ” les lourds. L’ex-champion du monde stigmatise, lui, le ” comportement fautif “, qui lui a causé une ” perte de chance sérieuse “, de Philippe Bouedo et celui de la Fédération dont son père, prénom… Sydney, est l’un des vice-présidents. Affirmant n’avoir touché que ” 20 000 francs en sept mois de préparation olympique “, l’athlète va demander au tribunal de Lyon la nomination d’un expert ” pour que soit vérifiée la destination des fonds confiés à la fédération “. Selon le DTN, cette enveloppe allouée aux sélectionnables serait de 850 000 francs mais, selon Mikael Meloul, elle se monterait à 3 millions. Son avocat, Me Jean-Louis Daumas-Borelli, du barreau de Nice, a en tout cas chiffré à un million de francs le préjudice subi par son insolite client. Une sorte de rançon de la gloire dont le Niçois rêvait de se couvrir, l’année où le twaekondo, qui se pratique aujourd’hui dans 120 pays, devient sport olympique.

 

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